Les Ehpad prêtes a faire plus de contrôles après le scandale Orpea

Les ennuis se poursuivent pour le groupe Orpea. Agité par la sortie d’une enquête journalistique très remarquée, le spécialiste français des maisons de retraite pourrait désormais devoir faire face à la justice. Selon Le Parisien, l’avocate Sarah Saldmann compte déposer auprès du procureur de la République, d’ici au mois de mars, une action de groupe comprenant un ensemble de plaintes, notamment pour maltraitances, contre le groupe Orpea.

« En France, les plaintes sont éparpillées ce qui donne un sentiment de toute-puissance à Orpea, explique-t-elle au quotidien. Plusieurs victimes se sont tournées vers moi afin d’entreprendre une action collective conjointe contre ce groupe pour violence par négligence, mise en danger de la vie d’autrui et homicide involontaire ». Selon Le Parisien, l’avocate a été contactée par plusieurs personnes, majoritairement des femmes ayant fait le choix de placer leur mère dans un Ehpad Orpea, car ne pouvant pas les accueillir chez elles. Jamais les séjours au sein de l’établissement n’ont duré plus de quelques mois, toujours ils ont abouti à une hospitalisation.

Prêts à davantage de contrôles après le scandale

Photo Serge TENANI/AFP

Ils refusent tout amalgame au moment où l’un des géants du secteur, Orpea, est dans la tourmente. Les dirigeants des quelque 2 000 maisons de retraite privées réclament une intensification des contrôles administratifs et une nouvelle procédure de certification qualité.

« Evidemment nous comprenons l’émotion des Français » face aux révélations du livre Les Fossoyeurs sur les établissements d’hébergement pour les personnes âgées dépendantes (Ehpad) d’Orpea, a souligné lors d’un point presse Florence Arnaiz-Maumé, déléguée générale du Synerpa, principale organisation syndicale des Ehpad privés. Et « nous sommes conscients que nous devons restaurer la confiance par la transparence et l’éthique », a-t-elle ajouté. « Cette crise met en avant la nécessité de revoir urgemment les systèmes de contrôle et d’évaluation de la qualité en Ehpad », a poursuivi la responsable, pour qui les dysfonctionnements évoqués dans le livre, « s’ils sont avérés, sont condamnables ».

Charte éthique pour les Ehpad

Les processus d’évaluation de la qualité des Ehpad doivent également être revus, selon elle. Actuellement « ce sont les établissements eux-mêmes qui rémunèrent un cabinet d’audit pour les évaluer, et les résultats sont transmis à l’agence régionale de santé et aux départements », a-t-elle expliqué. « Il faudrait plutôt une vraie procédure de certification, menée directement par la Haute Autorité de santé, comme elle le fait pour les cliniques », a-t-elle ajouté.

Le Synerpa se dit également ouvert à une refonte des conseils de vie sociale, ces instances consultatives, qui, au sein de chaque établissement, associent représentants des résidants, des familles et du personnel. Ces conseils pourraient s’ouvrir aux représentants des pouvoirs publics et aux élus, a-t-elle fait valoir. Le Synerpa va se doter dans les prochaines semaines d’une commission d’élaboration d’une « charte éthique », qui associera des intervenants extérieurs, a encore expliqué la déléguée générale du syndicat professionnel.

Dans le secteur de l’accompagnement des personnes âgées, qualité et rentabilité ne sont pas incompatibles, a-t-elle fait valoir. Pour restaurer la confiance, le secteur est d’ailleurs prêt à réfléchir à l’adoption d’un statut d’« entreprises à mission ».